La Quotidienne : Quelles sont les inquiétudes et les difficultés remontées par vos clients en période de rebond post-confinement ?

Olivier Lenel : Le sondage Covid-19 : quelles priorités pour les entreprises ? mené par Mazars souligne que, si 62 % des entreprises interrogées ont subi une baisse, voire l’arrêt total de leur activité, 73 % des dirigeants déclarent avoir une vision claire de leurs priorités : ce qui est une bonne nouvelle.

Les inquiétudes et difficultés mentionnées par les organisations sont multiples, toutefois des problématiques récurrentes se dégagent. C’est notamment le cas du pilotage à court terme, principal sujet de préoccupation pour la plupart des entreprises, dont certaines ont été fortement déstabilisées par le bouleversement organisationnel.

Les prochains mois seront teintés d’incertitudes : la sécurité sur le lieu de travail, la préparation de l’avenir et la performance constituent aujourd’hui les trois priorités des entreprises sondées, dont le niveau de sérénité est variable. En effet, les PME et TPE sont plus inquiètes que les grandes entreprises, dont 53 % estiment que la situation devrait s’améliorer. La question de la vitesse du rebond restant entière.

La Quotidienne : La crise sanitaire liée au Covid-19 a mis en avant la nécessité pour les entreprises de digitaliser leur processus de travail. Comment selon vous rendre cette digitalisation efficace en anticipant notamment les risques liés pour mieux les réduire ? Quelles sont les limites de cette digitalisation ?

Olivier Lenel : De la sécurité des données à l’isolement des collaborateurs, les effets collatéraux de la digitalisation du travail sont nombreux. Pour rendre le télétravail efficace et maîtriser les risques cyber et RH qui lui sont inhérents, les organisations doivent s’attacher à gagner en agilité. Comment ? Si toutes ont pu tester « grandeur nature » leurs plans de continuité, toutes doivent poursuivre leurs efforts dans le domaine de la cyber sécurité, tester leurs dispositifs de défense dans l’environnement actuel et  poursuivre dans l’innovation RH pour s’adapter continuellement.

Pendant le confinement, Mazars a plus que jamais renforcé sa sécurité informatique, recouru aux outils collaboratifs, mis en place le onboarding digital des nouvelles recrues, mesuré régulièrement le bien-être des équipes… Manifestement efficace, la combinaison de ces actions a permis de réduire drastiquement les risques, de maintenir le niveau d’activité et le lien social.

Les limites du télétravail sont d’ores et déjà pointées du doigt : si les collaborateurs soulignent le manque d’interactions et de moments informels, les RH font face au risque de désengagement. Autant de raisons de repenser nos modèles ainsi que le rôle des managers, prochains animateurs et vecteurs clés du lien social.

Propos recueillis par Angeline DOUDOUX

Olivier LENEL, associé et membre du comité exécutif de Mazars en France