À déficit donné, l’objectif de l’Agence France Trésor (AFT), gestionnaire de la dette de l’État, est de minimiser son coût de financement et de la gérer dans les meilleures conditions possibles de sécurité. Pour cela, elle veille  à la liquidité des titres de dette de l’État, qui constitue la principale composante du prix des titres qui ne lui est pas exogène, et appuie sa politique d’émission et la structuration du marché de sa dette sur des principes de régularité, de prévisibilité et de flexibilité.   

Cette politique d’émission se fonde sur la connaissance des habitats préférés des investisseurs, c’est-à-dire de leurs préférences en matière de maturités de leurs investissements (cf. Graphique), afin d’y répondre et donc de bénéficier de meilleures conditions de financement. La demande de titres de dette dépend en effet de considérations réglementaires, financières et économiques propres à chaque catégories d’investisseurs, conduisant l’AFT à adapter sa politique d’émission et à proposer une variété de produits de placement, dont des titres indexés sur l’inflation ou des titres verts.

La gestion par l’AFT du risque de refinancement passe par le lissage inter-temporel des besoins de financement et par le maintien d’une capacité permanente de placement de sa dette. La maturité moyenne résulte donc largement de la structure passée et attendue de la demande de titres, et des caractéristiques de l’épargne dans la devise d’émission. En France, l’État bénéficie d’une base d’investisseurs stable et diversifiée qui lui offre une capacité de résilience en cas de mouvement de taux.

Depuis 2003, la maturité moyenne de la dette française a augmenté de 2,4 ans. Elle atteignait 8,2 ans à la fin de l’année 2020, l’une des maturités les plus élevées parmi les économies avancées. Des taux d’intérêt très faibles ne plaident pas nécessairement pour un allongement de la maturité moyenne de la dette différent de celui résultant de la déformation structurelle de la demande. Une modélisation simple suggère que le coût d’un allongement de la maturité est significatif par rapport au gain attendu en cas de hausse future des taux d’intérêt, si bien que le gain éventuel d’un allongement supplémentaire est limité au regard de la charge totale de la dette, même dans un scénario porteur.

 

 

 

 

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+ Autres publications à consulter sur le sujet :

Renne J. P. et N. Sagnes (2006), ” Une modélisation analytique des stratégies d’endettement de l’État “, Diagnostics Prévisions et Analyses Économiques n° 99.

Plessen-Mátyás K., Kaufmann C. et J. von Landesberger (2021), “Funding behaviour of debt management offices and the ECB’s Public sector purchases programme“, BCE, Working Paper Series n° 2552.

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