La première réunion des ministres des finances et des gouverneurs de banque centrale du G20 organisée sous présidence indonésienne s’est tenue les 17 et 18 février à Jakarta. Axées autour du thème « Recover Stronger, Recover Together », les discussions ont notamment porté sur les risques pesant sur la reprise économique mondiale, le financement de la santé, la mise en œuvre rapide de l’accord sur la fiscalité internationale, mais aussi sur le soutien aux pays vulnérables, grâce notamment à un accroissement des engagements des pays membres en matière de mobilisation de leurs droits de tirage spéciaux (DTS), à hauteur de 60 milliards de dollars désormais.

Cette réunion a été l’occasion pour les ministres des finances du G20, les gouverneurs de banque centrale et les organisations internationales invitées (FMI, Banque mondiale, OCDE, FSB notamment) de noter que la reprise économique mondiale se poursuit, à un rythme cependant plus lent, et son niveau inégal entre économies avancées d’une part et pays émergents et en développement d’autre part. Les risques pesant sur cette reprise ont été discutés, entre pressions inflationnistes, perturbations des chaînes d’approvisionnement et montée des risques géopolitiques, nécessitant une communication claire et une coordination internationale accrue dans un contexte d’ajustement si nécessaire des politiques monétaires et de retrait prudent et progressif des mesures budgétaires de soutien à l’économie dans les économies avancées.

Sur le plan sanitaire, les ministres et gouverneurs du G20 se sont accordés sur la nécessité d’accélérer les campagnes de vaccination, et de renforcer le soutien, notamment financier, aux pays les plus vulnérables. En ce sens, le G20 Finances a pu souligner la coopération accrue mise en place pour renforcer l’architecture financière de santé mondiale et améliorer la capacité de prévention, de préparation et de réaction face aux futures pandémies. 

Les ministres des finances et gouverneurs du G20 se sont aussi très largement exprimés en faveur d’une mise en œuvre concrète, d’ici le début de 2023, de l’accord sur la fiscalité internationale, en soutenant l’OCDE dans l’édiction de son modèle de règles pour la mise en œuvre au niveau national d’un impôt minimum mondial de 15% (pilier II de l’accord), et en saluant les avancées dans les négociations pour la convention multilatérale visant à réattribuer une partie des droits d’imposition sur les multinationales (pilier I).

Par ailleurs, dans le but de soutenir les pays les plus vulnérables, les ministres des finances et gouverneurs du G20 ont réaffirmé l’objectif de mobiliser, au bénéfice de ces pays, 100 milliards de dollars issus de l’allocation générale de DTS du FMI d’août dernier ou de contributions équivalentes. Plusieurs pays ont ainsi rehaussé leurs engagements, portant le total d’engagements de mobilisation de DTS  à plus de 60 milliards de dollars à ce jour. Ceci s’ajoute à l’initiative de suspension du service de la dette du G20 et du Club de Paris, ayant pris fin en décembre 2021 pour un montant total de 12,9 milliards de dollars, ainsi qu’au soutien des différentes institutions financières internationales. Les ministres et gouverneurs ont en outre renouvelé leur soutien à la mise en œuvre dans les temps du Cadre commun du G20 et du Club de Parispour les traitements de dette, en particulier pour les 3 requêtes du Tchad, de l’Ethiopie et de la Zambie.

Enfin, un soutien très large a été exprimé en faveur des priorités de la présidence indonésienne sur plusieurs autres thématiques, qu’il s’agisse de la régulation du secteur financier, avec par exemple l’intégration accrue du risque climatique ou la régulation des institutions financières non bancaires, du financement des infrastructures ou encore de finance durable.

 

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